samedi 2 janvier 2010

Liste des étudiants victimes de la répression depuis septembre 1957

À la Conférence internationale extraordinaire du Cosec à Londres, l’Ugema a présenté une liste de ses membres victimes de la répression depuis 1955.
Voici les cas qui se sont produits depuis septembre 1957, tels que rapportés par la commission :

Septembre 1957
Siamour Mouhoub, président de la section de Besançon de l’Ugema, tué dans un prétendu “accident de voiture” près de Charleville (France). Malgré la demande l’Ugema, les autorités françaises refusèrent l’autopsie et la restitution du corps.
Hakimi, étudiant en médecine à Grenoble, marié, père d’un enfant, a été arrêté le 17 septembre.
Keramane Sadek a été enlevé et dirigé vers une destination inconnue. Ensuite, on l’a transféré à la prison civile de Barberousse.

Octobre 1957
Senaadji Mouloud, 20 ans, étudiant à l’École de commerce de Clermond-Ferrand, a été assassiné. Ses meurtriers n’ont jamais été retrouvés.
Bouabdellah Mokhtar, 27 ans, étudiant à la faculté de droit de Grenoble, a été arrêté, maintenu en prison pendant plus de deux mois et relâché après non-lieu.

Novembre 1957
Mohammed Khemisti, secrétaire général de l’Ugema, étudiant en médecine à l’université de Montpellier, a été arrêté à son domicile le 12 novembre et transféré à Alger.
Baali Allam, étudiant en droit, président de la section de Lyon, et Belhadj Marzoug Mustapha, étudiant en sciences, furent arrêtés à leur domicile à Lyon et transférés immédiatement à Alger.
Cherid Mohammed, étudiant en médecine, président de la section de Reims, a été arrêté à Douai sous l’inculpation d’atteinte à la sûreté extérieur de l’État.

Décembre 1957
Le 19 : perquisition du bureau national de l’Ugema par la DST et détention pendant 24 heures du secrétaire général adjoint, Taleb Chaib ; saisie de nombreux dossiers.
Sidhoum Kamel, étudiant en médecine, ne pouvant s’inscrire à la faculté de médecine de Paris, ni à celle de Nancy, décida de se rendre à Bruxelles pour poursuivre ses études. Arrêté à la frontière, il fut interrogé, maltraité et, finalement, incarcéré pendant trois semaines à la prison de la Santé de Paris.
Belarbi Mohammed, étudiant en sciences politiques, ancien secrétaire général de l’Ugema, ancien secrétaire général de l’AEMNA et du Comité de liaison, a été arrêté et incarcéré à la prison civile de Barberousse.

Janvier 1958
Aït Chaalal Messaoud, président, Taleb Chaib, Aoufi Mahfoud, président de la section parisienne de l’Ugema et une cinquantaine d’autres dirigeants et membres ont été arrêtés le 28 janvier à l’occasion de la dissolution de l’Ugema.
Aït Chaalal, Taleb et Aoufi ont été inculpés de “menace à la sûreté extérieur de l’État” mais ils ont été libérés sur parole et les 50 autres relâchés après interrogatoire.
Azzi Areski, étudiant en médecine à Grenoble, a été condamné à 18 mois de prison pour “menace à la sûreté extérieur de l’État”.

Mai 1958
Armi, étudiant en médecine à Grenoble, a été arrêté le 7 mai et immédiatement transféré à Alger, dans des circonstances qui rappellent l’affaire Khemisti. Il était parmi les 50 arrêtés en janvier et il avait été relâché sur parole après inculpation de “menace à la sûreté extérieur de l’État”.

Décembre 1958
Nouvelle vague d’arrestations dans toute la France, plus de 30 étudiants algériens emprisonnés pour avoir “reconstitué une ligue dissoute”, c’est-à-dire pour avoir soi-disant réformé une section clandestine de l’Ugema en France. Parmi ceux qui ont été arrêtés, ont été identifiés :
À Paris : Mlles Bensmaia Zakia, Bendissari Fatma-Zohra, Kherbi Djamila, Francis Mustapha, Kara Ali et Mustapha, Kebaili Moussa, Boumaza Chérif, Boussalah Ahmed, Illes Salah, Batata Abderrahmane, Belhadj Abdelkader, Choughi Abdlhafid, Fzeri Ahcène, Kandil, Zerrouki, Cheriet Mohmoud, Harbi Ali.
À Lyon : Aguercif Meziane, Abbas Mahmoud et Abdelkader, Mansouri Rachid.
À Montpellier : Belhocine Saad, Yaker, Zebra Mohamed.
À Nancy : Boutemène Larbi, Sidhoum Kamal.
à Caen : Ghezali Ameziane.
À Marseille : Benhamla Hocine, Sadek Nadir et Mustapha, Mentalechta.
à Aix-en-Provence : Benikous.
à Tours : Belkhelil Ahmed.

Sources : Etat Major ALN

Ralliement des étudiants à la Révolution algérienne

Ce fut en pleine guerre de Libération, en juillet 1955, que des étudiants créèrent l’Ugema pour mobiliser ses membres autour de l’objectif fondamental de la Révolution, l’indépendance nationale. Ce qui attire immédiatement sur les adhérents les foudres de l’appareil répressif colonial.

Al’université d’Alger, les étudiants algériens, au nombre de 500 contre 4 500 européens, étudiants soumis en permanence aux provocations alors que dans les centres universitaires de France, l’attitude était généralement hostile. Il y a eu toute une série d’arrestations, d’enlèvements, de tortures et même d’assassinats de dirigeants et de membres de l’Ugema. Le cas le plus dramatique fut celui de Kacem Zeddour, mort après avoir été sauvagement torturé. La police française a ensuite jeté à la mer son cadavre ficelé dans un sac lesté de 70 kg de plomb. Mais, trois semaines plus tard, le corps s’échoua sur le rivage et l’affaire a fait la une de la presse française. La septième Conférence internationale des étudiants a, alors, déploré “les atteintes à la liberté de l’enseignement” et “dénonce l’usage de la torture à l’encontre des étudiants algériens”. Elle a exprimé l’espoir de voir l’aboutissement d’un règlement “équitable et rapide” du problème algérien, grâce à la reconnaissance de l’indépendance nationale, “condition première pour un enseignement libre et démocratique en Algérie”. L’année universitaire 1957/58 a débuté sur une note de détente, l’Ugema ayant annoncé qu’elle allait cesser de boycotter les cours et les examens. La grève, qui durait depuis mai 56, avait été décidée à l’origine par la section d’Alger de l’Ugema qui demanda à ses adhérents de rejoindre leurs frères dans les rangs de l’ALN. Le comité exécutif de l’union devait étendre ensuite l’ordre de grève à toutes les universités de France, en signe de solidarité avec la lutte du peuple algérien et de loyauté et d’attachement des jeunes intellectuels algériens envers leur peuple, démonstration destinée à réfuter les allégations françaises selon lesquelles la Révolution algérienne était l’œuvre d'agitateurs non soutenus par la majorité.
L’ordre de grève a été suivi par la grande majorité des étudiants algériens qui cessèrent d’assister aux cours et boycottèrent les examens de juin 1956.
Le 13 décembre 1956, le comité exécutif avait étudié la possibilité de mettre fin au mouvement, mais il a estimé que le moment n’était pas propice, considérant, d’après Mouloud Belahouane qui était alors président du comité, que “rien de nouveau, bien au contraire, ne s’était produit en Algérie”.
Cette grève a imposé de lourds sacrifices aux étudiants algériens et sa prolongation, en 1957/58, aurait pu avoir pour conséquences de leur ôter définitivement le statut d’étudiant dans les universités françaises. De plus, la chute catastrophique du nombre d’élèves sortant de l’enseignement secondaire avec leur bac, chute due aux malheurs de la guerre, signifiait que le pays était menacé de paralysie par manque de cadres qualifiés à même d’assumer des responsabilités une fois l’indépendance acquise. Ce nombre était, d’après l’union, descendu à moins de 250 par an, soit moins du tiers du chiffre antérieur à 1954.
C’est pourquoi l’Ugema annoncera, le 14 octobre 1957, lors d’une conférence de presse à Paris, que l’ordre de grève était levé, sauf à l’université d’Alger dont l’esprit colonialiste n’est plus à démontrer. L’union affirmera à cette occasion que la grève avait atteint son objectif premier qui est celui d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur la “volonté de l’Ugema de s’engager pleinement dans le combat libérateur”.
La conférence se terminait par cette déclaration : “Confiant dans l’issue finale du combat libérateur et conscient des lourdes charges qu’il aura à assumer pour édifier un État nouveau et en assurer un fonctionnement harmonieux, l’étudiant doit se préparer à faire face à ses nouvelles responsabilités. Investi de cette nouvelle mission par son peuple, il apporte la preuve de sa foi en l’avenir en préparant, en pleine guerre, les lendemains de la victoire, en donnant à l’Algérie indépendante les cadres solides, éprouvés et dignes de l’esprit révolutionnaire de son peuple.”
Il serait certainement erroné de voir dans la fin de la grève un changement quelconque d’orientation de l’union et des étudiants algériens, mais plutôt, comme l’indique la déclaration, la fin d’une phase.

http://www.algeria-watch.org

Message du colonel Amirouche aux étudiants

Du maquis, le colonel Amirouche adressa, le 8 mars 1958, un message “aux frères de l’Ugema”, dans lequel il invite les étudiants algériens à se préparer à assurer la gestion des affaires de l’Algérie. Cet hommage appuyé aux étudiants est comme une reconnaissance de la trop grande importance qu’il a accordée au complot dit des “bleus”, erreur qui le poussa à se méfier des jeunes citadins diplômés et à en exécuter une partie.
“Servir la patrie, écrit le colonel Amirouche, est la seule devise de tous les Algériens. Vous qui êtes dans les villes, dans les universités, dans les lycées, chaque chose autour de vous sent la révolution qui vous incite à penser à tous les instants à votre devoir. Votre travail, c’est l’attention soutenue qui ne doit jamais vous éloigner de la cause algérienne. Partout, votre conduite, vos gestes doivent vous désigner comme des combattants. Au même moment, des frères, des étudiants comme vous luttent dans le maquis. Vous aussi, vous luttez pour votre pays. Lutter, c’est servir son pays de n’importe quelle façon. Mais l’intention demeure seule valable, surtout pour des étudiants qui ne peuvent ne pas être conscients de leur existence d’Algériens. L’Algérie a besoin de tous ses fils pour achever la révolution politique qui libérera le peuple du colonialisme. Pour continuer la révolution, elle aura besoin d’éléments conscients de l’intérêt supérieur de l’Algérie, elle aura besoin de patriotes.
En mémoire de tous ceux qui sont tombés dans le maquis pour notre peuple encore courbé sous le poids de l’injustice et de lâches répressions, vous, étudiants algériens, vous devez plus que jamais prouver au monde que vos actions, qui ne se séparent pas de la révolution, ne sont pas négligeables.
Pour une Algérie libre et démocratique, tous les Algériens uniront leurs sentiments et leurs énergies dans un même élan de sacrifice.”

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